Je viens de terminer un livre de Philippe Aigrain ayant pour titre "Cause commune". J'hésitais à en parler car je préfère éviter les sujets trop politiques sur Dolebraï, mais cet essai concerne directement les problématiques de licences libres et donc nous aussi quelque part. Pour information, Phillipe Aigrain est un ancien chercheur qui après un passage à la commission européenne a monté sa propre société qui offre des services autour du développement des débats publics sur internet.

Le livre porte principalement sur les biens informationnels en général (semance, ADN, logiciels, musique...). Il démontre pourquoi les arguments en faveur de la propriété individuelle ne sont pas valables dans le cadre d'informations reproductibles à l'infini. Notamment, il explique comment la "Tragédie des bien communs" n'est pas applicable dans le domaine informationnel.

Ce livre de 250 pages environ, expose également les dérives que peuvent provoquer l'utilisation de brevets où l'application abusive de copyright. Par exemple, il souligne le fait que l'industrie du disque rentre en guerre contre ses propres clients en faisant la chasse aux pirates.

Par contre, le livre a pour défaut d'emprunter parfois des raccourcis pour critiquer la "frénésie" des opposants aux biens communs. Ce qui peut être un mauvais point pour convaincre les partisans du camp adverse. Il considère également que si nous passions moins de temps devant la télévision, nous aurions plus de temps à consacrer aux biens communs. Argument que je trouve un peu léger.

Mais, en dehors de ces deux faiblesses, le livre est vraiment intéressant. Il décrit des solutions concrètes et des pratiques à suivre pour l'établissement des biens communs. Il démontre qu'une organisation en biens communs est bien plus productive que l'organisation actuelle. Notamment, il change de point de vue, en considérant qu'on peut évaluer les choses autrement qu'avec une vision monétaire. Il propose par exemple d'étudier le coût horaire de n'importe qu'elle création.

Cet essai met en place les premières fondations d'une optique structurée des biens communs. Il ne se contente pas de critiquer le système, il apporte une vrai solution au problème soulevé. Les propositions manquent parfois de solidité, mais on sent bien que c'est une théorie naissante qui ne demande qu'à mûrir pour devenir une alternative complètement viable et légiférable.